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RGPD et particuliers : quels droits sur votre image et vos données ?

Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) est souvent perçu comme une affaire d’entreprises, de bandeaux cookies et de juristes. C’est oublier l’essentiel : il a été écrit pour donner des droits concrets aux personnes. Votre image — ce que capte une caméra, une webcam, un smartphone — fait partie de ces données protégées. Tour d’horizon pratique.

Votre image est une donnée personnelle

Dès lors qu’une photo ou une vidéo permet de vous identifier, elle constitue une donnée personnelle au sens du RGPD. Sa captation, son stockage et sa diffusion sont donc encadrés. En France, le RGPD se combine avec le droit à l’image issu de l’article 9 du Code civil (« chacun a droit au respect de sa vie privée ») : en principe, votre consentement est requis pour capter et diffuser votre image dans un lieu privé.

Le droit pénal complète l’arsenal : capter, enregistrer ou transmettre l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé sans son consentement est un délit (article 226-1 du Code pénal), puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. Le piratage de webcam cumule ce délit avec ceux d’accès frauduleux à un système informatique (articles 323-1 et suivants).

Vos cinq droits clés au quotidien

1. Le droit d’accès. Toute organisation détenant des données sur vous doit vous fournir, sur demande, une copie de ces données et des informations sur leur usage. Gratuit, réponse sous un mois.

2. Le droit de rectification. Données inexactes ? L’organisme doit corriger.

3. Le droit à l’effacement (« droit à l’oubli »). Vous pouvez exiger la suppression de vos données dans de nombreux cas : données plus nécessaires, consentement retiré, traitement illicite… C’est l’outil clé contre les photos ou vidéos de vous publiées sans accord.

4. Le droit d’opposition. Vous pouvez vous opposer à tout moment à un traitement fondé sur l’« intérêt légitime », notamment à des fins de prospection.

5. Le droit au déréférencement. Vous pouvez demander aux moteurs de recherche de ne plus associer votre nom à certains résultats.

Comment les exercer, concrètement

  1. Adressez-vous d’abord à l’organisme (le « responsable de traitement »), par écrit, en citant le droit invoqué. La plupart ont un formulaire ou une adresse dédiée (DPO).
  2. Sans réponse sous un mois ou en cas de refus injustifié, saisissez la CNIL (cnil.fr, plainte en ligne gratuite).
  3. Pour une image diffusée sur un réseau social, utilisez aussi les outils de signalement de la plateforme — le RGPD s’applique à elles.
  4. En cas de diffusion malveillante (chantage, vengeance), conservez les preuves et portez plainte : ce sont des infractions pénales, pas de simples litiges de données.

RGPD et webcam : le lien direct

Pourquoi parler de RGPD sur le blog d’un fabricant de caches webcam ? Parce que les deux relèvent de la même logique : votre image vous appartient, et sa captation doit résulter de votre choix. La loi vous protège après coup ; le cache physique vous protège avant. L’un répare, l’autre prévient.

Le RGPD ne pourra jamais effacer ce qu’un pirate a déjà vu par votre caméra. Le réflexe le plus protecteur reste donc en amont : ne laisser la webcam ouverte que lorsque vous l’avez décidé. C’est exactement le rôle d’un cache webcam repositionnable, posé en dix secondes sur l’ordinateur, la tablette et le téléphone.

À lire ensuite : Télétravail : les bons réflexes vie privée et notre guide parental pour protéger les appareils des enfants.